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RACC ! Invitation et programme de la 4ème édition des Rencontres Anticapitalistes Crise & Critique en Ariège du 18 au 24 août 2023

26/07/2023 @ 08:00 17:00

Du 18 août au 24 août, se tiendront les rencontres « Crise & Critique du capitalisme-patriarcat » sur les thématiques d’une critique du capitalisme, du patriarcat, du racisme, de l’antisémitisme, de l’Etat, de la technoscience et de l’industrie.

Lieu : En Ariège dans le centre de vacances La Freychède, 09300 Montferrier, aux pieds du château cathare de Montségur, à vingt minutes de Foix (voir plan page 5). La gare-TER la plus proche se trouve à Lavelanet (pour les personnes qui arrivent en train sur Lavelanet nous pouvons ensuite venir vous chercher en voiture, ou pour le retour vous amener à Lavelanet). Ce centre comprend 58 lits et accueille habituellement des colonies de vacances. Pour celles et ceux qui le souhaitent il y a également la possibilité de mettre une tente sur le terrain avoisinant. Informations pratiques et photographies sur le centre : https://freychede.fr/

Repas : Ils seront gérés collectivement. Nous établirons à l’avance les menus pour l’ensemble des jours de la semaine, nous disposerons sur place d’une cuisine collective et nous invitons les participant.e.s à donner un coup de main pour la préparation des repas du midi et du soir.

Règlement : Le forfait journalier est de 25€ par adulte (ce qui comprend l’hébergement et la restauration : petit déjeuner, déjeuner et repas). Le forfait journalier est de 18€ euros pour les enfants/adolescents. Pour l’ensemble des journées de la rencontre (7 jours : hébergement-lit à l’intérieur+ repas), le règlement est de 175 euros par adulte. Pour les personnes en tente dans la partie camping du site, le forfait repas journalier par personne est de 20€ euros. Pour les locaux qui ont leur propre logement mais qui veulent prendre les repas sur le centre, c’est 8€ le repas.

Infos pratiques : Il est nécessaire d’apporter un sac de couchage.

Réservation : Il est possible au choix de réserver sa participation sur l’ensemble des journées de la rencontre, ou en fonction des places disponibles pour certaines journées. Le nombre de places étant limité, toute participation nécessite de réserver son séjour à l’avance en nous retournant le coupon de la page 2 et le règlement du séjour à l’adresse suivante (en cas d’annulation, l’association Crise & Critique vous remboursera le montant du séjour) :

Editions Crise et Critique

BP n°90054    81027 Albi cedex 9

Contact organisation (Association Crise & Critique) : contact@editions-crise-et-critique.fr

Pour vous inscrire il faut télécharger le coupon d’inscription figurant sur le PDF de la page suivante : https://data.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20230506/ob_324514_programme-et-inscription-pour-la-4eme.pdf

PROGRAMME

Le programme se compose de différents moments. Ce sont 5 journées composées généralement de trois moments de discussion, accompagnées en soirée pour celles et ceux qui le souhaitent d’une causerie ou d’un moment musical. La matinée du dimanche comprendra également une promenade/pique-nique à la cascade de Roquefort près de Montferrier.

Nous proposons également pour celles et ceux qui veulent découvrir la critique de la valeur-dissociation, un atelier d’initiation et formation à partir de plusieurs entrées d’un lexique des termes les plus utilisés. 

Vendredi 18 août

Arrivée possible à partir de la matinée

Arrivée des bus à Lavelanet en fin d’après-midi (navettes pour venir vous chercher)

  • 18h 30 – AG de présentation de l’organisation collective en autogestion et de la constitution des équipes de préparation des repas, de la plonge et du nettoiement.

Samedi 19 août

Matinée :

  • Retour sur l’Exhumation des dieux

Avec William Loveluck

Après-midi :

  • La conception de la « ville-machine » de la modernisation soviétique à l’effondrement de la Russie contemporaine : une critique de l’économie politique de l’espace (Henri Lefebvre) à l’heure de l’effondrement de la modernisation (Robert Kurz)

Avec Rach Pach

La « ville-machine » représente « l’utopie du socialisme scientifique » pensée par l’avant-garde constructiviste au moment de la formation de l’URSS dans les années 1920. Leur projet propose la production de l’espace soviétique à l’image d’une grande machinerie de (re)production sociale-politique-économique-culturelle-et-psychique, fondée sur les paradigmes technoscientifiques (et mystiques) du taylorisme et du fordisme. Un siècle plus tard, on a pu voir en Russie une forme de « mise à jour » d’une telle conception des « villes du futur », désormais fondée sur des technologies computationnelles et numériques  (l’intelligence artificielle, la réalité augmentée, les blockchains, etc.), façonnant une nouvelle rationalité de l’État capitaliste en crise appelée « gouvernance algorithmique ».

Fin d’après-midi :

Fin après-midi

  • Les droits d’usage cernés par la loi de la valeur 

Avec Fabio Bucci

Les historiens, les économistes et le marxisme traditionnel abordent régulièrement les discussions sur la question de l’existence du XVIe au XXe siècle de droits collectifs attribués à des populations – communaux, droits d’usages des forêts, des landes et des marais, etc. ‒ ainsi que celles sur les communs contemporains au niveau de la propriété privée. À cela, le droit moderne considère lui que le refus du principe de la propriété est un non-sens économique, et prétend imposer un faux-semblant d’indépendance et d’autonomie. Nous montrerons qu’il est important de resituer ces débats contemporains sur les droits collectifs et les « communs » en les comprenant au travers du prisme de la loi de la valeur et des catégories fondamentales du capitalisme telles qu’énoncées par Marx, tout en considérant l’identité fondamentale de la forme juridique moderne et de la forme-marchandise.    

  • Débriefing de la journée

Soirée-causerie libre

Dimanche 20 août

Matinée 

  • Robert Kurz, un nouveau regard sur la genèse du capitalisme : L’Etat comme accoucheur involontaire de la forme de synthèse sociale capitaliste ?

Avec Clément Homs

Les origines historiques du capitalisme sont une question des plus complexes et des plus disputées. Robert Kurz identifie le mécanisme décisif de l’émergence du capitalisme dans la combinaison d’une poussée de développement technique avec les processus monstrueux de création des États modernes et des « guerres de formation étatique » entre les XVIe et XVIIIe siècles. Des États qui se sont vus contraints, à travers leur « recherche de puissance », de participer à la course aux armements européenne, extrêmement coûteuse et qui pour ce faire, ont transformé fondamentalement les rapports sociaux médiévaux en rapports monétarisés afin de tirer les moyens nécessaires à la construction d’une infrastructure militaire sans précédent : un « complexe militaro-protoindustriel ». Dans une étape suivante surtout, la nouvelle « machine sociale à créer de l’argent » s’est progressivement détachée de son objectif initial et a commencé à dominer la production de tous les biens de consommation et à imposer à ces objets la forme de la marchandise, faisant entrer le capital dans le monde en tant que valeur se valorisant elle-même. Nous présenterons en détails l’armature théorique et les principaux points de basculement historique proposés par cette thèse en en montrant les différentes articulations et l’originalité tout en nous appuyant tant sur les thèses de Serge Latouche dans L’invention de l’économie (Albin Michel, 2005) que sur une critique de la thèse sur l’origine agraire du capitalisme chez Robert Brenner et Ellen Meiksins Wood.

Après-midi

Après-midi

Avec Felipe Catalani

Normalement, on comprend que : tuer, c’est une action ‒ et si c’est une action, cela présuppose un sujet. Mais, que sont « action » et « sujet » dans nos sociétés modernes ? Par exemple, le zèle profond de l’activité d’Adolf Eichmann, lorsqu’il organise le meurtre des milliers de personnes dans les camps nazis, constitue-t-il une « action »? Lorsque les pilotes américains, en obéissant aux ordres, ont détruit une ville au Japon avec une seule bombe, étaient-ils des « sujets » ? Et de quelle forme de sujet parle-t-on, quand un jeune homme entre dans une école (comme lors des derniers évènements au Brésil en avril 2023), et tue, avec une hache, des petits enfants ? Dans cette présentation, je voudrais essayer une interprétation du sujet meurtrier dans les sociétés capitalistes modernes, dans une comparaison entre, d’une part, les analyses de Günther Anders sur le « décalage prométheen » et les grandes génocides du XXe siècle et, d’autre part, les analyses de l’« Amok » et les formes explosives du sujet (notamment, au moment de l’effondrement des sociétés capitalistes) fournies par des auteurs liés à la Critique de la valeur, à fin de comprendre « les sujets dans la domination sans sujet ».

Fin après-midi 

  • Ateliers Initiation & formation : Autour d’un lexique de la critique de la valeur-dissociation (collectif).

Plusieurs groupes se retrouvent pour discuter de la lecture collective de certaines entrées du lexique afin de mieux appréhender les concepts clés utilisées par le courant de la critique de la valeur-dissociation

  • Debriefing de la journée

Soirée-causerie libre

Lundi 21 août

Matinée 

  • L’orthodoxie marxiste, de Kautsky à Mao Tsé-Toung

Avec César Rousseaux  

Si il est d’usage de faire de Lénine l’accoucheur des dispositions autoritaires et dogmatiques du marxisme, c’est souvent dans une volonté de trancher le « bon » héritier du Marx réifié du mauvais ; pourtant, le dépérissement de l’âme révolutionnaire du marxisme, et sa structuration progressive en idéologie promettant l’ingénierie sociale menée par une poignée de cadres de parti commence avant même la mort de Marx. Ce travail d’agencement des idées de Marx et Engels en doctrine d’action politique commence avec Karl Kautsky, et mute continuellement jusqu’à Lénine, qui de 1917 à 1922 fera éclore l’idéologie communiste à proprement parler. Dès lors, les variantes marxistes-léninistes, maoïstes et trotskystes composeront l’orthodoxie principale de la majorité des courants révolutionnaires sur Terre, écrasant les autres par la censure et la répression, et ce jusqu’au dépérissement final de l’orthodoxie marxiste dans les années 1970. Mais au-delà de l’anathème sur l’hégémonie intellectuelle et policière du marxisme de caserne, on s’attachera à étudier les mutations doctrinales, les variations pratiques et les modalités de la terreur et de l’emprise de l’idéologie marxiste réifiée sur les mouvements d’émancipation. 

Après-midi  

  • Le rapport entre société civile et Etat à partir d’une lecture croisée de Marx, Adorno et Kurz

Avec Annette de Mourra

La distinction société civile-État est caractéristique de la modernité. Hegel est sans doute le penseur qui a le premier saisi la nouveauté de cette configuration sociale qu’il a associée à la fin de l’histoire comme réalisation de la liberté dans le monde – réalisation qui découle selon Hegel du travail de l’Esprit, c’est-à-dire de l’accomplissement de la Raison. Quel regard la critique marxienne a-t-elle porté sur la distinction société civile-État ? Adorno, et plus tard Postone, ont soutenu l’idée que l’Esprit hégélien constitue le reflet du travail social, et donc l’expression philosophique de la logique de valorisation de la valeur. Or, si chez Hegel l’Esprit (dans sa déclinaison objective) est à l’origine de la distinctionsociété civile-Etat, en quoi peut-on dire suivant le parallèle ouvert par Adorno qu’elle dérive en réalité du capitalisme ? C’est à travers une lecture croisée de Marx, Adorno et Kurz que nous nous proposons de répondre à cette question.

Fin après-midi :

  • Le cinéma et le théâtre allemands des années 1970-1980 : autour de Fassbinder et Müller

Avec Frédéric Point

Soirée-causerie libre

  • « Pas de mouvement révolutionnaire sans théorie révolutionnaire ». La Critique de la valeur-dissociation et la question d’une nouvelle théorie révolutionnaire.

Discussion collective autour des différents extraits de Robert Kurz, « Les critères de l’émancipation humaine », etc.

Mardi 22 août 

Matinée :

  • Balade à la cascade de Roquefort(on a épuisé tous les châteaux !)

Après-midi :

  • De la planification sociale au capitalisme autoritaire. Retour sur la thèse du « primat du politique » chez Friedrich Pollock

Avec Olivier Voirol

Figure clé de l’Institut für Sozialforschung (IfS) dont il fut l’« éminence grise » (Lenhard), Friedrich Pollock (1894-1970) reste toutefois un membre méconnu de la théorie critique (de l’École de Francfort), qu’il a pourtant influencée par le biais de son concept de « capitalisme d’Etat » forgé au début des années 1940. Ce concept est l’aboutissement d’une trajectoire d’investigations commencée vingt ans plus tôt, faite d’enquêtes empiriques et d’élaborations théoriques, menées à partir de la théorie marxiste de la valeur. Au cours des années vingt, Pollock fait la sociologie des expériences de socialisation et de « politisation » de l’économie en Union soviétique. Il défend une version politique de la critique de l’économie politique, centrée sur l’idée de planification, en s’opposant à une version plus « systémique » du marxisme, dont son collègue de l’IfS Henryk Grossman est à l’époque le principal représentant. Lors des premières années d’exil de l’Institut en Suisse (de 1931 à 1935), Pollock est toutefois amené à réviser ses thèses sur la planification, face à la situation socio-politique inédite émergeant à la suite de la crise financière de 1929. À Genève, Pollock est en contact avec le monde cosmopolite de militants, syndicalistes, juristes, économistes, sociologues du travail réuni autour du B.I.T. En observant les réponses données par le camp capitaliste à la crise du capitalisme, Pollock revoit ses thèses antérieures sur la planification en envisageant une politisation de l’économie sous un autre angle. Elle n’est pas le fait du contrôle démocratique-ouvrier sur le processus économique issu du monde du travail, mais d’une forme autoritaire d’intervention de l’Etat et du capital. Pollock brosse ainsi les premiers traits d’une inversion autoritaire de la planification sociale sous forme d’un appareil étatique post-libéral de domination économique.

Fin d’après-midi

  • L’insertion professionnelle ou l’autonomie subordonnée

Avec Antonin Zurbuchen

À partir d’une enquête ethnographique réalisée dans deux entreprises sociales d’insertion mandatées par l’État, cette intervention vise à mettre en lumière les processus de mise en conformité des individus aux exigences du marché du travail. Les pratiques des professionnel·les de l’insertion se déploient autour d’un non-dit – la réduction tendancielle des individus à leur force de travail – et s’autojustifient par le principe de « l’autonomie retrouvée ». Les recherches qui se disent « critiques » s’intéressent à l’efficacité des dispositifs d’insertion quant à la réalisation des « désirs » des individus et leur autonomisation. À l’encontre de cette perspective positiviste, il s’agira de montrer, d’une part, comment les pratiques des professionnel·les de l’insertion visent à rendre le travail désirable aux yeux des participant·es et, d’autre part, de saisir l’autonomisation supposée des participant pour ce qu’elle est : un fétichisme de l’autonomie.

  • Débriefing de la journée

Soirée

  • Le cinéma était-il « mort » en 1952 ? Sur l’affaire de l’agression de Charlie Chaplin par Guy Debord

Avec Mehdi Benallal

À la fin de l’année 1952, un groupe de lettristes emmené par Debord perturbe une conférence de presse de Chaplin à Paris et l’insulte dans un tract, une action qui entraînera la rupture brutale entre Debord et Isidore Isou. Que représentaient Chaplin et plus généralement le cinéma pour Debord et ses amis ? Retour sur ce moment de plus grand conflit entre l’avant-garde et le cinéma comme spectacle et industrie.

Mercredi 23 août

Matinée :

  • La Grande confusion. La gauche travaillée par les passions identitaires ?

Avec Philippe Corcuff

Après-midi 

  • Foucault et Derrida. Critique de la « French Theory »

Avec Benoît Bohy-Bunel

Foucault et Derrida, deux auteurs qui ont pour point en commun d’avoir perverti une approche réellement anticapitaliste, au profit d’un retour à deux auteurs canoniques : Nietzsche et Heidegger. Chez Derrida, le rapport à Heidegger est explicite : le concept de « déconstruction » est issu du concept de « destruction » heideggerien. Chez Foucault, le « pouvoir-savoir » est d’origine nietzschéenne, même s’il subvertit quelque peu ce concept. Nous tenterons de montrer que ces généalogies problématiques produisent un anticapitalisme tronqué, et une réduction phénoménologique trompeuse.

Fin d’après-midi 

  • Assemblée générale association Crise & Critique

L’association présentera son bilan financier et moral, et abordera les prochains projets. Quels projets d’écriture, de traduction, de publication pour 2024-2026 ?

Jeudi 24 août

Après-midi :

    • Rangement, nettoyage et départs.

Départ : 17h.