Parution prochaine de la revue Jaggernaut n°2 : « Crises, champagne et bain de sang »… suivi de « Contre Lordon ».

Alors que la compréhension dominante de la crise de l’économie mondiale tourne autour de l’identification de causes de surface, il nous est apparu indispensable de problématiser cette crise et d’insister sur le fait qu’elle n’est pas seulement de surface mais structurelle, pas seulement cyclique, mais finale : non dans le sens d’un écroulement instantané, mais comme fin à petit feu d’un système pluriséculaire. Ce n’est pas la prophétie d’un événement futur, mais le constat d’un processus permanent qui est devenu visible au début des années 1970 et dont les racines remontent à l’origine même du capitalisme et de son fonctionnement. Car si l’on veut penser le caractère de structure de cette crise, la compréhension de celle-ci doit dès lors être comprise en son noyau, au niveau même du rapport social fondamental qui structure la société capitaliste-patriarcale dans son ensemble : une crise de la valeur-dissociation.

On ne présente plus Frédéric Lordon, figure incontournable pour une certaine « gauche radicale » depuis le mouvement Nuit Debout. Alors qu’il vient de faire paraître récemment un essai remarqué, Vivre sans ?, contre une certaine mouvance liée aux ZAD, à la sortie de l’économie et de l’Etat, la revue comprend également un long essai du philosophe Benoît Bohy-Bunel qui répond à l’auteur, au travers d’un vaste panorama critique présentant la quasi intégralité de l’œuvre de Lordon, en pointant notamment les problèmes que posent pour l’émancipation, son spinozisme et sa critique tronquée du capitalisme.

Les articles de Jaggernaut – originaux ou traduits – analysent autant les problèmes théoriques de fond que les formes concrètes de la crise de la société.